Avant la nuit

Auteur : Alain Freixe

La collection" Grammages " présente, sous couverture réalisée en deux passages typographiques sur presse manuelle ; l’un à sec, l’autre en impression couleur, un texte poétique. En frontispice la reproduction couleur d’une œuvre réalisée pour ce livre par un artiste contemporain. Pour Avant la nuit il s’agit d’une gravure de Marie ALLOY.

Avant la nuit croise des textes aux adresses précises : amis peintres et poètes de l’auteur. Tous à attendre à partir de pratiques différentes ce" miracle, qu’est, dans l’art ou dans la passion, l’aspiration la plus profonde de la vie" et dont Georges Bataille disait qu’elle concernait ce" désir d’être émerveillé", désir propre à l’homme. Désir de présence, claire, brûlante et renversante.
Entre présence et déroute, entre les reprises, les tombées, les relances, les pertes. Entre quelque chose venu du fond et qui remonte jusqu’à nous et quelque chose qui s’en va, rapide sur" le plissé de l’air" .Avant la nuit, quelque chose qui n’est pas fait pour le regard, nous traverse pourtant. Passe derrière nos yeux et se perd dans le loin du corps.
Quelque chose qui nous pousse à écrire. Encore. Avant la nuit.

Paru le 1er février 2004

Éditeur : L’Amourier

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Ludovic Janvier

Bientôt le soleil

« Je ne cherche pas l’essor, l’oubli, la grâce, je sais qu’ils me sont impossibles. Et d’ailleurs je ne le voudrais pas. L’ange me fait peur. Non, je cherche la présence et le poids, ou plus exactement la présence me cherche, le poids me trouve, le poids sur moi de la lumière comme un mur, la présence à plein regard de la mer qui fait masse ou du feuillage hanté par le ciel. De sorte que les jours de timidité, ou de trop fort vouloir, je reste pris dans la glu du moment, prisonnier du trop plein jusqu’à la nausée. Les jours de décision, j’allais dire de légèreté mais ne te vante pas, je vois sortir de moi une réponse, plus ou moins claire, plus ou moins simple, plus ou moins forte. Content ? Non, jamais content. Mais, quand même, content. »

Ludovic Janvier, Bientôt le soleil, Flohic Éditions, 1998.