Atatao de Caroline Sagot Duvauroux

Peintre et poétesse, Caroline Sagot Duvauroux mène à Crest, dans la Drôme, une vie entièrement consacrée à ses deux passions. Elle s’occupe également chaque année d’un marché du livre consacré aux petits éditeurs.
Après Hourvari dans la Lette, son premier recueil, publié par Corti, et salué par la critique spécialisée, elle nous offre une nouvelle « danse forcenée au pays de l’inconscient » (Gaspard Hons). Dans Atatao, elle mêle toujours une recherche formelle époustouflante (syntaxe malmenée, néologismes, structure fleuve du texte…) et des thématiques singulières dont l’écho est universel. Mais voilà qu’ici elle nous « raconte » une histoire écrite dans un train – celle de Gonzalo, sorte de basso continuo du recueil, tout en mêlant à l’harmonique, des motifs issus de la mythologie (comme ce mythe d’Io transformée en génisse) des rites andins de sacrifices sanglants, du quotidien.
Oui, « véritable voyage chamanique » (Emmanuel Laugier) au cœur du langage et de nos labyrinthes.

Extrait

Où commence le voyage ?
Lundi. Une princesse à ma fenêtre soulève les montagnes. Chaque matin je la regarde clore le massif face au levant. Tout le jour le vent l’encoure, le ciel. Elle s’est couchée s’est endormie. Se souvenir ? Non. Regarde. Derrière à deux pas, c’est la mer. Ma tête comprend bien mais mon corps est plus simple et folâtre, voudrait toucher. Dors princesse. Je pars avant le jour.

Paru le 19 novembre 2003

Éditeur : José Corti

Genre de la parution : Recueil

Poème
de l’instant

Zéno Bianu

Pérégrinations du Pierrot solaire

Voilà
le monde reste beau
impunément
il n’a pas peur
du noir
il coule de source
toujours

Zéno Bianu, « Pérégrinations du Pierrot solaire ».