AlphaBet City

Auteur : Marc Ross

AlphaBet City

Ce recueil bilingue propose, en regard, les versions françaises et traduites en anglais par
Jill Nirlo, d’une « Déambulation poétique » dans un quartier de l’arrondissement de
Manhattan à New York faisant partie de l’East Village. AlphaBet City tient son nom du
carré que constituent les avenues A, B, C, et D (les seules avenues portant une lettre), limité
au nord par la 14ème rue et au sud par Houston Street.
Au fil de ce nouveau recueil illustré de photos multicolores, Marc Ross invite donc le lecteur
à déambuler à ses cotés le long de ces avenues grouillantes d’imprévus, de personnages
croisés ou de mémoires resurgies… mais aussi, à suivre sa cadence, les vibrations de
la ville, à s’arrêter, à sentir, à lever les yeux, à se retourner, à écouter, à voir… Alors, tous nos
sens passant des fresques colorées aux pauses de verdure, des aléas aux émerveillements
et des briques typiques aux avenantes devantures, subrepticement le rythme du poète
s’installe et notre promenade visuelle et virtuelle devient le murmure d’un AlphaBet gorgé
de passions et de compassion.
Suivi de Au Nuyorican Poets Café, texte créé à New York City, le 17 octobre 2016, à l’attention
du public de ce lieu ô combien friand de poésie, attentif, et généreux en retour, et
dont la présence devient pour le poète sur scène « un souffle qui unit la limite et l’illimité ! »

Paru le 28 février 2018

Éditeur : Editions Prolégomènes

Genre de la parution : Version bilingue

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Leconte de Lisle

Midi

Homme, si, le cœur plein de joie ou d’amertume,
Tu passais vers midi dans les champs radieux,
Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :
Rien n’est vivant ici, rien n’est triste ou joyeux.

Mais si, désabusé des larmes et du rire,
Altéré de l’oubli de ce monde agité,
Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,
Goûter une suprême et morne volupté,

Viens ! Le Soleil te parle en paroles sublimes ;
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,
Le cœur trempé sept fois dans le Néant divin.

Leconte de Lisle, 1818-1894, « Midi », Poésies antiques, 1852.