Album primo-avrilesque d’Alphonse Allais

présentation par Marc Partouche.

Objet humoristique et œuvre d’art, ce classique de la littérature « incohérente » annonçait, à la fin du XIXe siècle, tant les textes de l’Oulipo que les monochromes d’Yves Klein et les œuvres a v a n t - g a r d i s t e s de Marcel Duchamp.

Ce beau livre, luxueuse réédition d’un ouvrage souvent cité mais trop rarement accessible, intéressera les bibliophiles et ravira les curieux.
Écrivain et humoriste français, Alphonse Allais (1855-1905) est connu aujourd’hui pour son humour fondé sur la logique de l’absurde.
Alors qu’il est stagiaire à la pharmacie paternelle, ses expériences se révèlent peu du goût de son père qui l’envoie travailler à Paris. Là, il
participe à toutes les initiatives délirantes et à tous les groupes fantaisistes, tels que les Hydropathes (1878-1880), et devient rédacteur en chef du
journal du Chat Noir.
Inventeur, il est à l’origine de trouvailles comme les chaussures ventilées, les obus chargés de poil à gratter, la récupération des énergies
perdues, le mouvement oscillatoire du bras gauche chez les troupes en marche ou encore la casserole carrée pour empêcher le lait de tourner .
Surnommé par certains « la vache Allais », il a laissé une œuvre immense et très souvent pillée. Entre autres : Vive la vie (1892) ; On n’est pas des
b œ u f s (1896) ; À se tordre (1891) ; Le Parapluie de l’escouade ( 1 8 9 4 ) ; Deux et deux font cinq (1895) ; Amour, délice et orgues (1898) ; P o u r
cause de fin de bail (1899) ; L’Affaire blaireau (1899) ; Ne nous frappons pas (1900) ; Le Capitaine cap ( 1 9 0 2 )

Paru le 1er mars 2005

Éditeur : Al Dante

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Lorand Gaspar

Approche de la parole

Le poème n’est pas une réponse à une interrogation de l’homme ou du monde. Il ne fait que creuser, aggraver le questionnement. Le moment le plus exigeant de la poésie est peut-être celui où le mouvement (il faudrait dire la trame énergétique) de la question est tel - par sa radicalité, sa nudité, sa qualité d’irréparable - qu’aucune réponse n’est attendue plutôt, toutes révèlent leur silence. La brèche ouverte par ce geste efface les formulations. Les valeurs séparées, dûment cataloguées, qui créent le va-et-vient entre rives opposées sont, pour un instant de lucidité, prises dans l’élan du fleuve. De cette parole qui renvoie à ce qui la brûle, la bouche perdue à jamais.

Approche de la parole,
Éditions Gallimard, 1978.