Abadôn de Michèle Dujardin

Abadôn de Michèle Dujardin

Dans la nouvelle collection "Déplacement Seuil", entre prose et poésie, dirigée par François Bon.

Abadôn, dans le livre de Job, c’est la perdition, l’égarement.
Égaré : sur une île, un quai, dans une ville, une chambre d’hôpital. L’espace a toujours des murs envahis de lierre, celui de l’enfance persistante, parasite, il a toujours la mer, qui lui donne ses proportions, ses chiffres et ses rythmes.

L’égarement n’a pas d’île, de ville ni de quai, ni de chambre, mais une écriture qui se gagne sur la nuit et dans la nuit, avec le corps, sa fatigue son sexe et son souffle, et le contact amoureux le plus seul, le plus étroit et le plus douloureux avec la violence originaire.

Et la poésie comme perdition accidentée, charnelle, désirée quelque part entre le noir et le nu, intensément.

Née à Marseille, Michèle Dujardin, après un premier livre publié tôt, s’engage dans une longue réflexion poétique dont a b adôn serait la première porte.

Paru le 1er octobre 2007

Éditeur : Seuil

Genre de la parution : Prose

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Guennadi Aïgui

« Un peu »

bonheur ? – « Un peu »
béatitude – « Un peu » :

ô murmure : comme vent – du soleil :

de pain – un peu… et de lumière du jour… –

et du petit bruit des hommes
comme d’une nourriture – pour la Mort prête… –

que nous la rencontrions paisiblement
comme si nous étions tous toujours sur tout seuil –

en fraternelle souffrance… –

ô notre liberté !… – lueur d’âme :

simple :

« Un peu »
1975

Aïgui, « Un peu », Festivités d’hiver, traduit du russe par Léon Robel, Les Éditeurs français réunis, 1978.