A l’aube du dernier jour artificiel de Christophe Mary

A l'aube du dernier jour artificiel de Christophe Mary

Si le poète dit beaucoup en peu de mots, le sens de son œuvre tient aussidans les mots qu’il n’a pasécrits, qui vivent dans l’ombre du poème. Christophe Mary est un géographe errant, il veut savoir ce que l’on voit lorsqu’on creuse longtemps sous l’asphalte. Les lieux qu’il parcourt sont sillonnés de routes réelles et d’espaces symboliques, voyage onirique qui ne cherche pas à rendre compte du réel, maisà en livrer une image dédoublée par l’œil du poète.

Christophe Mary est né à Caen et livre ici son premier recueil, où la simplicité des mots dévoile une complexité de la mémoire. Des corps traversent l’espace, et l’amour se cache dans leur sillage. Une poésie stupéfiante, à la beauté sombre et limpide.

Paru le 1er mars 2015

Éditeur : La renverse

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Georges Didi-Huberman

Survivance des lucioles

Les lucioles, il ne tient qu’à nous de ne pas les voir disparaître. Or, nous devons pour cela, assumer nous-mêmes la liberté du mouvement, le retrait qui ne soit pas repli, la force diagonale, la faculté de faire apparaître des parcelles d’humanité, le désir indestructible. Nous devons donc nous-mêmes - en retrait du règne et de la gloire, dans la brèche ouverte entre le passé et le futur - devenir des lucioles et reformer par là une communauté du désir, une communauté de lueurs émises, de danses malgré tout, de pensée à transmettre. Dire oui dans la nuit traversée de lueurs, et ne pas se contenter de décrire le non de la lumière qui nous aveugle.

Georges Didi-Huberman, Survivance des lucioles, Éditions de Minuit, 2009.