À force d’en découdre

Auteur : Marie-Laure Zoss

À force d'en découdre

« d’où on part, rasant les murs au fond de soi ; d’un parquet, d’une pingre lumière par doigts d’enfants creusée, fourgonnée ; aucun feu derrière ; du vide et on y va ; plusieurs, le sommes-nous ? à passer, ça aiderait, du plus loin qu’on peut de son nom ; dès que dehors, sur les pavés de la cour et aux genoux froides meurtrissures, nous oblige à pencher, le ciel, à songer sourd, étouffe cru par le haut les arbres ; d’une fenêtre l’infirme, au troisième elle fait signe, nous pareil ; mais les murs donnent rien ici, on grandit pas ; sœurs ou frères – en est-il seulement ? leur parler où, chacun dans son angle ? là-bas, quand on y retourne, on se bande les yeux pour mieux voir ; par où entrer, pour l’heure on n’en sait rien, fichtre rien »

Paru le 1er juin 2019

Éditeur : Le Réalgar

Genre de la parution : Recueil

Support : Livre papier

Poème
de l’instant

Jacques Ancet

La dernière phrase

Il n’y a ni drame ni déchirure.
On dirait dans le jour un infime
vertige. Rien ne change mais tout
vacille. ce qu’on voit, on le voit
comme s’il venait de s’absenter
et que chaque objet portait encore
une trace de ce qui s’éloigne.
Un peu de chaleur avant le froid.
Une attente qui n’attend plus rien.

Jacques Ancet, La dernière phrase, Frontispice de Paul Hickin, Éditions Lettres vives, 2004.