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Retrouvailles

Wislawa Szymborska


Biographie

Wisława Szymborska est une poétesse polonaise née le 2 juillet 1923 à Bnin près de Poznań, qui reçut le Prix Nobel de littérature en 1996
En 1931, sa famille déménage à Cracovie où elle suivra des études de littérature et de sociologie à l'Université jagellonne. Elle y réside encore. Membre du parti ouvrier unifié polonais (communiste) au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Wisława Szymborska s'en éloigne au cours des années 1950 en fréquentant certains milieux dissidents, comme ceux de la revue Kultura, éditée à Paris. Elle quitte finalement le parti en 1966. Ses deux premiers recueils sont donc d'inspiration communiste, les suivants étant plus personnels. Elle a d'ailleurs rejeté ses textes de jeunesse, trop assujettis selon elle aux impératifs du réalisme socialiste. Dans Wołanie do Yeti (L’Appel au yeti, 1957), elle compare Staline à l'abominable homme des neiges[1]. Ses ouvrages à venir : Sól (Sel, 1962), Sto pociech (Mille Consolations, 1967), Poezje (Poèmes, 1970) et Tarsjusz i inne wiersze (Tarsus et autres poèmes, 1976) montrent l'étendu de son registre et de son inspiration, mêlant plusieurs considérations philosophiques à un humour raffiné dans l'évocation détaillée et lucide du quotidien[1]. Szymborska se veut respectueuse d'une certaine tradition européenne classique, préférant des vers harmonieux et mesurés à des excès de langage ou à des ornements baroques. Le recueil généralement considéré comme son chef-d'œuvre est Wszelki wypadek (Cas où), paru en 1972, qui entraîne la consécration littéraire dans son pays. Chacun des recueils suivants a rencontré le même écho.

En dehors de la Pologne, son œuvre est particulièrement connue et appréciée en Allemagne. Elle a par ailleurs traduit en polonais de nombreux ouvrages français de l'époque baroque, en particulier des extraits d'Agrippa d'Aubigné.

Bien qu'il soit difficile de juger une traduction sans en connaître la langue, les vers en français semblent conformes à la pensée et aux intentions de l'auteur en y exprimant nettement la haine, la bêtise, le terrorisme et la torture dans la description d'un monde composé d'horreurs et de souffrances, sur un ton où l'humour et l'ironie s'entremêlent. Cette poésie voudrait éveiller le désir pour faire renaître une foi forte, aveugle et sans dogmes. Son engagement fait de la conscience une valeur de référence.

En 1996, Wisława Szymborska est couronnée du prix Nobel de littérature, décerné selon la motivation exprimée par l'Académie suédoise, « pour une poésie qui, avec une précision ironique, permet au contexte historique et biologique de se manifester en fragments de vérité humaine. ». Cette reconnaissance a d'ailleurs permis de mettre en lumière, sur le plan international, une œuvre poétique relativement méconnue en dehors de la scène germano-polonaise[1].

Bibliographie

  • Pourquoi nous vivons (1952)
  • Questions à soi-même (1954)
  • Appel à Yéti (1957)
  • Sel (1962)
  • Cent Consolations ou Cent blagues, traduction de Sto pociech (1967)
  • Cas où (1972)
  • Les Gens sur le pont (1986)
  • Fin et début (1993)
  • Vue avec un grain de sable (1996)
  • Instant (2002)
  • Rimes pour les grands enfants (2003)
  • Deux points (2005)

    Elle a par ailleurs fait paraître plusieurs anthologies en polonais, en allemand et en anglais. Le recueil De la mort sans exagérer (Fayard, 1996), traduit par Piotr Kaminski, est une anthologie en français. Sept des recueils de l'écrivain, s'échelonnant de 1962 à 1993, y sont représentés.

  • Actualité

    Nouvelle(s) parution(s)

    De la mort sans exagérer Gallimard (2018)

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