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Poète d'aujourd'hui

Jean-Michel Maulpoix


Biographie

Né à Montbéliard, le 11 novembre 1952, Jean-Michel Maulpoix est l'auteur d'ouvrages poétiques et d'études critiques sur Henri Michaux, Jacques Réda, René Char, ainsi que d'essais généraux de poétique (entre autres : La Poésie malgré tout, La poésie comme l’amour et Du lyrisme). Son écriture, où dialoguent sans cesse prose et poésie, se réclame volontiers d'un « lyrisme critique ». Jean-Michel Maulpoix dirige la revue trimestrielle de littérature et de critique Le Nouveau recueil (éd. Champ vallon)
Il enseigne la poésie moderne et contemporaine à l’Université Paris X – Nanterre. Il a été président de la commission d’aide à la création poétique du Centre national du Livre jusqu'en mars 2003.

http://www.maulpoix.net

Bibliographie

Poésie & Prose

  • La musique inconnue, José Corti, 2013
  • Journal d'un enfant sage, Mercure de France, 2010
  • Choix de poèmes de Paul Celan, Gallimard, 2009
  • Boulevard des capucines, Mercure de France, 2006
  • Une histoire de bleu suivi de l'Instinct de ciel Gallimard, 2005
  • Adieux au poème, José Corti, 2005
  • Pas sur la neige, Mercure de France, 2004.
  • Le Poète perplexe, José Corti, 2002
  • Chutes de pluie fine, Mercure de France, 2002.
  • L’instinct de ciel, Mercure de France, 2000.
  • Domaine public, Mercure de France, 1998.
  • L'Ecrivain imaginaire, Mercure de France, 1994
  • Une Histoire de bleu, Mercure de France, 1992.
  • Dans l’interstice, Fata Morgana, 1992.
  • Portraits d'un éphémère, Mercure de France, 1990.
  • Précis de théologie à l'usage des anges, dessins d'Alecos Fassianos, Fata Morgana, 1988.
  • Ne cherchez plus mon cœur, POL, 1986
  • Emondes, première édition Solaire, 1981 & Fata Morgana, 1986.
  • Dans la paume du rêveur, Fata Morgana, 1984.
  • Un dimanche après-midi dans la tête, P.O.L, 1984 & Mercure de France 1996 (édition nouvelle).
  • La Parole est fragile, Cheyne, Le Chambon sur Lignon, 1981.

    CD
    Dans l'interstice, CD, 2004
    Lecture intégrale par l'auteur d'un livre publié en 1991 aux éditions Fata Morgana, accompagnée de ponctuations musicales : quelques extraits, puis la pièce entière Rain tree sketch II de Toru Takemitsu, joués au piano par Laure Helms. Durée : 25' 26''
    Pour écouter un extrait
    http://www.maulpoix.net/CD.htm

  • écouter

    Actualité

    Nouvelle(s) parution(s)

    Haies Vives - Jean-Michel Maulpoix Haies vives (2017)
    La poésie a mauvais genre José Corti (2016)
    Le voyageur à son retour Le passeur (2016)
    L’Amérique n’existe pas Champ Vallon (2014)
    La Musique inconnue José Corti (2013)

    Autres parutions présentées sur ce site

    Journal d'un enfant sage Mercure de France (2010)
    Choix de poèmes de Paul Celan Gallimard (2009)
    Boulevard des capucines Mercure de France (2006)
    Une histoire de bleu suivi de l'Instinct de ciel Gallimard (2005)
    Adieux au poème José Corti (2005)
    Pas sur la neige Mercure de France (2004)
    Le Poète perplexe José Corti (2002)

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    Extrait
    Il taille, il coupe, il accentue.
    On le croise au jardin. A l’heure de brouillard. Ou plus tard dans la chambre. Ici et là, les mêmes gestes. Des chutes ou des bouquets de phrases. Parfois il retourne la terre. En mottes noires et brillantes. Des strophes pourrait-on dire. De brefs paquets de prose.

    Il taille, il coupe, il accentue.
    A la plume. Au couteau. Au sécateur. Aux ciseaux. Au plantoir. Au cordeau. Dans le jardin de Jean Tortel ou dans le pré de Francis Ponge. Ecrire est une affaire de main. Il taille dans le noir. Il découpe les ténèbres.. Il voudrait y voir clair. Dans cette langue dont on ne sort pas.

    Il taille, il coupe, il accentue.
    Il borde et déborde nos phrases. Il marche sur la grève à la frange de l’eau. Ou vers l’à-pic de la falaise. Sur la terre comme au ciel toujours sur un fil. Prêt à se jeter dans le vide. Désireux de voir la limite. Ce qui nous lie et nous sépare. Ce qui nous garde suspendus.

    Il taille, il coupe, il accentue.
    Dans l’entre-deux qui est le nôtre. Dedans-dehors. Une page. Une peau translucide. Ce sont toujours de frémissantes surfaces. Un ventre de femme où dort un enfant. Y coller l’oreille. Y poser la bouche.

    Il taille, il coupe, il accentue.
    A la finitude il prodigue ses soins. Il aime ces mourants que nous sommes. Avec douceur. Avec effroi. Il voudrait rassurer un peu cette agonie. De fleurs ou de musique. « Voici mon cœur » dit-il. « Ne le déchirez pas ».

    Il taille, il coupe, il accentue.
    Quoi d’autre ? Ce travail-là n’en est pas un. Il ne rapporte pas. Il ne remplira pas son outre de vin, son panier de fruits, non plus que sa besace. Il y donne de son temps. Le monde change de figure. Autrement métré et coordonné.

    Il taille, il coupe, il accentue.
    Il tisse un habit de haillons. Nous revêt de toiles d’araignée. Un habit qui ne dissimule pas la nudité. Qui montre que le corps a froid.

    Il taille, il coupe, il accentue.
    Autrefois debout. A présent penché. Son dos se voûte. Il regarde dans le jardin des combats de fourmis. Il ne tient plus tête à ses astres.

    Il taille, il coupe, il accentue.
    Il aurait bien voulu planter. Mais la terre est trop froide. La saison trop tardive. D’ailleurs il se pourrait qu’en dépit de ses soins l’ancien jardin redevienne un morceau de terre aride. Un roncier impénétrable.

    Il taille, il coupe, il accentue.
    Tant d’autres dont la sourde oreille. Et vivent les yeux fermés.

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