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Poète d'aujourd'hui

Valérie-Catherine Richez


Biographie

Poète et peintre, Valérie-Catherine Richez est née à Paris. Elle traverse une enfance mouvementée et marquée par la mort, passant dix fois d'institutions religieuses en écoles expérimentales. Afin d'échapper à l'instabilité familiale, elle se réfugie dans la chambre la plus isolée de la maison, où elle se plonge dans la lecture et s'invente un monde secret de poèmes et de dessins.
Seule à seize ans, elle mène à Paris une vie faite d'errances nocturnes et d'étranges rencontres qui nourriront son travail, voyage longuement en Orient, dont l'influence sera profonde, puis se retire quelques années dans les Causses où elle continue d'écrire et de peindre.
De retour à Paris, elle gagne sa vie dans l'édition avec de nombreux travaux de "nègre" et d'illustration, rédigeant les livres des autres mais ne dévoilant pas ses propres textes. Ce n'est que plus tard qu'elle publiera sous son propre nom, après avoir créé la revue de poésie Tout est suspect en 1985, et fait partie du comité de rédaction de la revue littéraire L'Autre au début des années 90.
À partir de 1993, ce poète sombre, inclassable, à la vision intérieure puissante, ne cessera plus de publier et comme auteur et comme illustrateur, liant régulièrement ses deux activités dans de nombreux tirages limités.
Elle partage désormais sa vie entre les voyages, la campagne et Paris.

Bibliographie

  • La Vitesse du sang, éditions L’Atelier des Brisants, 2005
  • L’Étoile enterrée, éditions Virgile/Ulysse Fin de siècle,2004
  • Corps secrets, éditions L’Atelier des Brisants, 2002
  • Des yeux de nuit, éditions Arfuyen, 2001
  • Echappées, éditions L’Improviste 2000
  • Petite âme, éditions Unes, 1998
  • Lieux de rien, éditions Unes, 1998
  • Faits d’ombre, éditions Fata Morgana, 1993

    Tirages limités de Valérie-Catherine Richez illustrés par elle-même
    ou par d’autres peintres :


  • Morsures, PM Éditeur, 2008, avec une gouache de V.-C. Richez
  • La Cavité Hantée, éditions Fata Morgana, 2006, avec 3 peintures de Philippe Hélénon
  • Le Cœur certain, éditions Le Livre pauvre, 2006, avec des peintures de Philippe Hélénon
  • La Violence la plus proche du silence, éditions Fata Morgana, 2005, avec 7 peintures de V.-C. Richez
  • Tout le savoir, éditions Le Livre pauvre, 2005, avec 3 peintures de V.-C. Richez
  • Déjà tout, éditions L’Attentive, 2005, avec 9 peintures de V.-C. Richez
  • Si grand silence, éditions New Fakir Press, 2004, avec une encre de V.-C. Richez
  • Mains de gel, éditions Fol Mambo, 2003, avec une encre de V.-C. Richez
  • L’étoile enterrée, éditions Vice Versa, 2002, avec 5 encres de V.-C. Richez
  • Passe-temps, éditions Jacques Potte, 2002, avec une gouache de V.-C. Richez
  • Repli, éditions Jacques Potte, 2002, avec une gouache de V.-C. Richez
  • Blessure énergie, avec F.A. Jamme, éditions L’Abécédaire, 2001, avec un dessin de V.-C. Richez
  • Chambre noire, éditions Festina Lente, 2001, avec un dessin de V.-C. Richez
  • La seule part intacte, éditions Fol Mambo, 2000, avec une gouache de V.-C. Richez
  • Traversée, éditions Fol Mambo, 1999, avec une miniature indienne originale
  • Sommeil, éditions Fol Mambo, 1999, avec une gouache de V.-C. Richez
  • Flammes, éditions Festina Lente, 1999, avec une peinture de V.-C. Richez
  • Mirage, éditions Encore, 1998, avec une gouache de V.-C. Richez
  • Savoir, éditions SLM, 1998, avec une peinture de V.-C. Richez
  • Barque blanche, éditions Festina Lente, 1998, avec trois gouaches de V.-C. Richez
  • Volière, éditions Blue Lagoon, 1997, avec une gouache de V.-C. Richez
  • Fièvre, éditions Love Affair, 1996, illustré d’une miniature indienne
  • Voilure, éditions Love Affair, 1996, illustré d’une peinture populaire indienne
  • Battements du pouls, éditions Sweet Badger’s Home, 1995, avec une peinture de V.-C. Richez
  • Etais-tu là ? éditions Love Affair, 1994, avec une gouache de V.-C. Richez
  • Petite prière, éditions Encore, 1993, avec une encre de V.-C. Richez
  • Pierres de lumière, éditions Love Affair, 1992, avec un dessin encré de V.-C. Richez
  • En rond, éditions Fakir Press, 1992, illustré par une peinture tantrique de Raja Babu Sharma
  • Veille, éditions Fakir Press, 1992, avec une gouache de V.-C. Richez
  • C’était d’avant, éditions Encore, 1992, avec trois dessins au stylo bille rehaussés de V.-C. Richez

    Livres illustrés par Valérie-Catherine Richez pour d’autres poètes :

  • Résiste à l’absence, de Jacques Dupin, éditions Remarque, 2005, avec une peinture
  • Les Rougets, de A.P. de Mandiargues, éditions Fata Morgana, 2003, avec 7 gouaches
  • Amuse-gueule, de Jacques Dupin, éditions Festina Lente, 2003, avec une peinture
  • Tears of splendour, de Michael Tweed, éditions Pensum Press, 2002, avec 5 peintures
  • Each an Altar, de Michael Tweed, éditions Pensum Press, 2001, avec 5 peintures
  • Delicate and white, de Michael Tweed, éditions Pensum Press, 2001, avec 11 gouaches
  • Certainement, de Franck André Jamme, éditions Encore, 1998, avec une aquarelle
  • Macaques dans l’arbre (grand modèle), de Franck André Jamme, éditions Festina Lente, 1998, avec une peinture
  • Bribes, de P.M., éditions Festina Lente, 1997, avec une peinture
  • L’Absence à parler toujours, de Alain Prique, éditions Festina Lente, 1997, avec une peinture
  • Le Sel de l’Eden, de Serge Sautreau, éditions Au Passe-Montagne, 1997, avec une encre
  • Jouets cassés, de Jean-François Bory, éditions Love Affair, 1995, avec un dessin coloré
  • Dieu à quatre têtes, de Lokenath Bhattacharya, éditions Fata Morgana, 1993, avec 3 dessins à l'encre
  • De la multiplication des brèches et des obstacles, de Franck André Jamme, Fata Morgana, 1993, avec 12 dessins
  • Descente ou montée ou les deux, de Franck André Jamme, éditions Fata Morgana, 1992, avec une encre rehaussée






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    Actualité

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    Précipités Editions Isabelle Sauvage (2014)

    Autres parutions présentées sur ce site

    L'étoile enterrée Virgile/ coll. Ulysse fin de siècle (2004)
    Corps secrets Atelier des Brisants (2002)
    Echappées L'Improviste (2000)

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    Extrait
    Nuit des deux vies

    Encore des rues, de longs couloirs sombres.
    Et je marchais : toujours ce rêve. Ce chemin qui rou ait sous mes pas, tel un fleuve.
    Cette fois-ci j'ignorais de nouveau où j'allais. Le courant m'emportais vers un grondement lointain.
    Mais je savais confusément que ce corps m'habitait comme un étranger habite une maison, me possédait.
    Je pressentais la maladie couvant en moi.

    Je flairais cet intrus immobile dans mon dos.

    Parfois, je tentais de recomposer mon image. Je devais d'abord reconnaître ma main, mon bras... l'épaule, puis remonter jusqu'au visage. - Était-ce encore quelqu'un d'entier ? Quelque chose, ?
    Je tâtonnais l'obscure zone : une sorte de morceau d'espace reliait le creux d¹une orbite à une autre, un point incolore à un autre, privé de vie.
    Je me disais pour justifier la perte, pour expliquer ce rapt : "Comprends. Essaie ! Il suffit de sentir vraiment ce déclic, de le surprendre. C'est un sursaut : un bond de tigre qui sépare en deux blocs la conscience et la chair."
    Mais les DEUX côtés tendaient leurs forces devant eux - les tendaient - ne pouvaient se rejoindre à aucun endroit - ne pouvaient pas.

    C'était difficile à habiter ce naufrage.

    Et puis, au bout des ruelles, soudain, quelque chose d'immense, quelque chose d'ouvert qui me rappelait une empreinte de pas boueuse laissée sur un seuil. Aveuglante. Une trace finement imprimée où je pouvais lire la carte détaillée des jours qui me restaient à vivre.
    ( Tous ces repères jetés aux chiens à chaque instant ! )

    Pourtant c'était là, bien réel. Pendant une seconde ça frémissait de sens. Et puis...
    Je me souvenais : le marin criait "Terre !"
    Elle, elle était là
    , par delà.
    Éveillée folle dans un soleil intense, les paupières rougies de sel, elle fixait à jamais la ligne fuyante des vagues.

    Ce qui me séparait de moi, cet insituable vide gorgé de peur, me séparait mêmement de l'espace, du vent, du bleu entêtant de la mer, de l'écume argentée perlant aux crêtes des déferlantes, des grands îlots bombées... me séparait de tout.
    Là-bas, j'aurais pu prendre ma tête à deux mains et l'envoyer buter contre le mât. Je ne ressentais plus rien de vivant.
    Le bois dont j'étais faite, il était déjà noir, mort, consumé.

    Je me disais, la part d'aucun côté disait :
    Cette fragile structure s'achève. Elle ne peut reposer - ne peut - se poser - en aucun lieu - Et - c'était comme -si - la moitié de mon corps - m'avait quittée - un coup de sabre - dans le front - et - quelque - chose - à l'horizon - inaccessible - on se - regarde - dans la glace - yeux blancs - espace entre - le monde et - T - O -U - T - distance - froid de miroir - nuit - pupilles d'autre part - visage coupé - en lanières - rubans écarlates - posés sur - RIEN - cernes bleus - cernes où -pas de larmes - du fond - d'un lointain déchiré - coupé - d'un très loin - on dresse - on tend - ses deux vies -vidées - on s'appelle


    Corps secrets, Atelier des Brisants, 2002.

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