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Parution

& Leçons & Coutures II


poète
      Jean-Pascal Dubost
éditeur
      Editions Isabelle Sauvage
type
      Recueil
date
      10/05/2018
descriptif
      Présentation du livre
par les Editions Isabelle Sauvage

& Leçons & Coutures II est le deuxième volume du « Grand Livre de Dettes » que Jean-Pascal Dubost a initié en 2012, publié par nos soins. « Invention verbale permanente et délectable, fabrique de mots qui tourne à plein régime… » (Florence Trocmé), « vrai festival de langue » (Antoine Emaz), « alliage tonique et singulier » (Bruno Fern), les éloges n’avaient pas manqué alors. De nouveau constitué de 99 poèmes en prose (« prosains »), chacun consacré à un auteur, mais cette fois-ci eux-mêmes constitués de 9 lignes (« neuvains »), et un titre-poème inaugural de la longueur d’un tweet, à savoir 140 mots (pour signes)… Si Jean-Pascal Dubost aime les contraintes, c’est pour se sentir plus libre, évidemment… c’est qu’elles ne sont que prétexte à faire langue, à faire corps avec la langue, en grande jubilation. En tant que lecteur, et en tant qu’auteur.
Derrière l’étendue de la culture livresque, aussi bien historique que géographique, des anciens aux modernes, des linguistes ou sémiologues aux poètes les plus contemporains en passant par les figures tutélaires, c’est l’amour de la langue qui jaillit dans sa liberté, son interrogation du monde et de notre rapport au monde tel qu’il nous situe, et nous déplace… l’amour des « mots-vivants », qui font « Libérature par tous les moyens ». Prédilection donc pour les insurgés et anarchistes, les satiriques, baroques et jouisseurs de toutes les époques, bref, pour l’énergie flamboyante d’un Jean Sénac comme d’un Juvénal, d’un Vergheggen comme d’un Artaud, d’un Victor Hugo comme d’un Ghérasim Luca…
Mais ces poèmes, loin, très loin du pastiche que l’on pourrait attendre dans ce type d’exercice, sont ceux d’un « poète-punk-hack » qui « pirate et pique et puis trafique et bricole et chiffre ce qu’il a pique-piraté, lance des trolls farceurs dans la langue que nul péquin quasi ne pane pour brouiller les pistes… » (et c’est à l’entrée Mallarmé…) ; d’un poète écrivant sur mais avec chacun des auteurs cités, mêlant les allusions plus ou moins cryptées à ces figures comme à soi-même, en un « échange quasi organique » comme l’avait si bien relevé Florence Trocmé pour le premier volume… Et dans une liberté sidérante : passant, pour Charles Reznikoff, de la reproduction verbatim (et dans la graphie d’époque) d’un extrait de l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) à un poème grivois pour Bukowski (« Ah ! les premières amours en cru dans le texte où le cul cruel est cul sec et n’a cure du roman du cuers de l’amour espris ») — où l’on voit au passage, dans ces deux exemples, l’amour de Jean-Pascal Dubost pour l’histoire de la langue et de la littérature, avec penchants pour le médiéval et le baroque. Et cherchant, toujours et encore, que « le poème soit une rafale de mots, et un acte utile au combat, et utile comme la pluie, et une arme d’assaut […], et une arme de persuasion subliminale, car la poésie, hé, bien visée, ça peut faire mal – ». À force de rire, aussi !

Recueil

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