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centre national de ressources pour la poésie  
Parution

Fantasqueries


poète
      Jean-Pascal Dubost
éditeur
      Editions Isabelle Sauvage
type
      Recueil
date
      01/12/2016
descriptif
      C’est avec beaucoup d’humour que Jean-Pascal Dubost entame ses Fantasqueries en les désignant comme un « livre raté », preuves à l’appui, tempérant son autocritique en ajoutant que c’est aussi un « petit désastre jubilatoire », « hirsute »… Humour et jubilation. Maîtres-mots de l’histoire, qui seraient pourtant réducteurs si l’on ne rajoutait une immense culture littéraire… et ce n’est pas tout.

Entre prologue (en quoi le livre est raté) et épilogue (liminaire du livre non raté…), Fantasqueries offre douze textes dont le premier et le dernier, « Poésie-Ho » et « Poésie-Ha » forment aussi une boucle, l’un fait uniquement d’expressions toutes faites affirmant que la poésie « est une autre paire de manches qui oblige à mettre la main à la pâte », l’autre en alignant des définitions, qu’il faudrait toutes reprendre pour tenter de circonscrire ce qu’est l’art de Jean-Pascal Dubost, mais que l’on pourrait résumer par : « une outrance de langue et de langage », « de la débauche d’énergie », « une arme de combat » « inactuelle » qui « a tous les droits » et « nuit gravement à la bêtise ».

Tous ces poèmes (« blocs » pour la majorité, hormis deux en vers libres, du moins non justifiés) – autant de fantaisies, caprices, baroquismes, pour reprendre les mots de l’auteur – sont assemblés, cousus entre eux par de courtes phrases intermédiaires qui permettent au lecteur de reprendre son souffle, tout en revenant sur le précédent et annonçant le suivant – encore que leur succession en elle-même soit loin d’être gratuite, tant l’un semble appeler l’autre.

Chacune de ces fantaisies correspond à une figure de style, à tout le moins un exercice de style – hapax, euphémismes, entretissage, mots-outils… : « Bleiz le loup », auto-hagiographie entièrement écrite en ancien français ; « Sempiternel recommencement du monde », cut-up réussissant la prouesse d’obtenir un ton presque lyrique de l’emploi de termes essentiellement banals ; « Exercice lyrique », « désautobiographie » avec pourtant un gros je en 50 entrées… ; « Twingo », « ekphrasis extravagante » d’une voiture haussée au rang de « petit chef-dœuvre d’art automobile », exposition permanente, itinérante et participative, rien que ça…). Nous ne pouvons toutes les citer, mais nous finirons avec « Courage, créons », mélopée « en litanique dans le texte » pour insister sur la dimension politique de la poésie de Jean-Pascal Dubost dans sa force subversive, qui appuie ses qualités essentiellement jubilatoires – en lui laissant (son) dernier mot : « Ha. » (encore un mot qui « affole le correcteur d’orthographe word » !).

Recueil

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