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Parution

Honneur aux serrures de Anne Calas


éditeur
      Editions Isabelle Sauvage
type
      Recueil
date
      01/12/2016
descriptif
      Un titre qui claque, interroge – et dérange, peut-être. Vif et insolite, pour ouvrir le livre qu’il porte. Honneur aux serrures se décline en trois parties et huit « mouvements » – pour reprendre le terme utilisé par l’auteure à propos de la pièce sonore en cours, composée par Alain Lafuente sur le texte qu’elle dit, offerte en parallèle sur son site (seuls les cinq premiers mouvements sont disponibles à ce jour).

C’est dire comme l’écriture d’Anne Calas est rythme, sons, avant tout. Ou « sautes de langage comme des sautes d’humeur », comme l’a écrit Claude Adelen à propos de son précédent livre, Littoral 12. Oui, ce qui surprend avant tout ici, c’est la liberté d’écriture, à l’image de ce « la maison flotte dans un printemps que l’été serre de près marque à la culotte (je veux dire ça) ». Et ça claque (ou « le son ruisselle », aussi), en rimes simples ou allitérations (carburateur/collimateur/détonateurs ; bicyclette/guêpes/carpettes ; etc./voudra ; « une sorte de langsam – langue – langage, ein küss zu küssen ein sehr sehr et me serre encore »…).

Ça – quoi ? Huit mouvements, donc, qui sont autant de saisons, au sens le plus large, celles de la nature et celle d’une « Femme-va-nus-pieds étoffe et électricité / fée fille mère grand-mère / papesse aux ciels joyeux ». Saison(s) chaude(s), saison(s) froide(s) (neige de janvier, aigu cristallin, sous laquelle coule/couve l’écarlate ; « éblouissement de framboise écrasée »), langueur et affolement, enfance, adolescence et maturité aussi bien, toujours mêlées, dans la recherche de la plus grande liberté qui soit : « = à dater de ce jour, je soussignée m’engage fidèlement à ne plus trembler. Feuillages tout le long du vivant courant à la rivière et encore du courage et rester assise. Plus que quelques millions d’années à venir à coudre, à flétrir, à cravacher famille ci-devant Homo sapiens, le père la mère, la fille le fils la fille la fille la fille. »

Cette liberté, elle se vit dans l’explosion des sens, du sexe, dans l’amour renouvelé, dans la pulsation qu’est vivre à l’écoute, au plus vrai, au plus près de soi et du monde qui l’entoure – les objets ou gestes les plus quotidiens, incroyablement animés, vivants, comme les éléments (« lune pleine prête à exploser », orage « ten[u] par les couilles »). « Une sorte de précipité », une « quintessence de vie », parce que « je revendique le droit d’aimer. Sans défense à la grille », « mon corps profond comme un fauteuil anglais, bulles de champagne, parfum salé vibrant de roses ».

Recueil

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