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Poème

Vert Véronèse



poète
      Jacques Darras
poème
      Jacques, as-tu quelquefois calculé le nombre de fois où tu étais allé
À la mer depuis ta plus jeune enfance ? Quand je vais à la mer,
Je suis toujours l’enfant que je fus, que je serai jusqu’au bout !
Belle profession de foi, Jacques ! J’ai foi en ma profession---
Maritime définitif, oui da, jamais retraité ni retiré des vagues,
Marémoteur à moi seul fonctionnant au sel et au large ---
N’avoir devant soi qu’ouverture du ciel où flotte l’imaginaire
Des nuages, m’a toujours transporté ! Pas coûteux comme transport,
Jacques, ni très compliqué ! Dites-moi, où arriverons-nous à la fin,
Sinon à notre lieu de départ, notre aire d’envol définitif?
Comme si nous n’étions jamais partis, transport gratuit non ?
Donc les marées sont nos vraies horloges, le sablier des sables
École d’érosion. Évidemment, nous ne vivrions pas à demeure
Dans le quotidien des méduses, des solens ou mouettes rieuses,
Et cependant l’émeri de nos mouvements a cette austérité finale !
Tu as vécu, Jacques, tu as aimé ? J’ai dilaté le temps ! Tu as été
Poète, aussi ? Jai comprimé le temps avec les mots ! Voyons, Jacques, Voyons, comme tu fais preuve de sécheresse abstraite, tu as
La maigreur d’un pied d’oyats de ta propre dune ! L’herbe dunaire,
J’ai aimé l’écarter avec les doigts sans m’y couper, j’acquiesce
Au temps et au sable sans réserve, l’érosion est la lenteur d’éros
De l’amour dans toute son humidité contiguë à la terre, qu’elle lèche,
Qu’elle caresse, avec l’affection animale d’une vague
Rétractile, j’ai aimé la marée en nous. Mais le cœur, Jacques,
Oui, Jacques Cœur, trouves-tu le cœur ‘petit bourgeois de Bourges’ ?
L’humeur d’eau de mes sentiments, j’en ai fait une source,
Nappe d’eau pure pour de prodigieux banquets à convives
Multiples, repas de noces de Cana tenus à des hauteurs Véronèse,
Avec un petit garçon par terre, qui joue parmi les vases et les chiens.
Me reconnaissez-vous ? C’est moi sous cette table, petite miette
Chue du pain qu’on a rompu. Vraiment, tu es sûr? Savoir qui
Me ramassera, à la fin, je vous le dis, je n’en ai cure : cela se passera
Bien, j’ai confiance inébranlable dans ce cœur des cœurs
Qui est au cœur de ce que vous appelez, voix vibrante : le cœur.
édition
printemps des poetes
      2018
genre
      L'Ardeur

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