Logo PDP    
centre national de ressources pour la poésie  
Poème

Ciels errants



poète
      Nimrod
poème
      à Denise Moran, i.m.


I

En ces temps primesautiers, j’épelais le ciel
O pour la surface (vase d’argile soleil et lune)
I pour souligner son trait son appartenance
U son arme son armure — derviche danseur
dont les deux bras rappellent le N de la naissance
et le M du mourir. La gravité rattrape mon alphabet.

J’expose mon cœur à un champ orphelin.
Le bleu des sentiments vire aussitôt au blues
Et j’entends l’ancêtre gueuler un De Profundis
À l’heure où le ciel entre dans sa bergerie. Sa couleur
Est d’eau infinie. Elle répond au mirage qui berne
Mes yeux. Les nuages les en récompensent

Je chante pour alléger ma petite existence
C’est le grand art. Tu me guides d’une main
Affectueuse, et les nuages, au-dessus
De ma tête, se piquent d’humour. Il en faut
Pour attendre les mamans parties là-haut
Quand la route rejoint l’espace.

Cette terre mienne est ma provision de sanglots
Une flaque d’eau reflète la banquise céleste
Je lui dédie la fraîcheur où s’abreuve l’herbe.
En elle s’éploie l’amour. Ses épis semblables
Au feu du soir commandent à l’enfant
D’héberger l’or, richesse rieuse.



La terre les eaux telles des larmes
surréelles s’exposent sur le talus
où les anges entaillent mes genoux.
Ah, ces dieux qui très tôt
attisèrent mes blessures en soufflant
dessus le souffle rouge du poème !

L’amour est mon vin, qui songe en la forêt
de belle âme, cette chambre où j’ai aimé en vain
où les refrains se récrient sur l’abécédaire
d’un ciel sans cesse refait à neuf
Je pleure une mère abandonnée
Sur ses rivages

J’épelle encore les syllabes célestes
O pour la surface (sa nuit dormante)
I pour des vœux sans couleur
V pour vivre et vouloir qu’on me laisse
Aimer le ciel enfin serein
I pour y afficher un cerf-volant


II

J’ai aimé ma mère j’ai embrassé son destin
Comme un fils comme un mendiant
Qui priait en secret les dieux d’allonger
Ses jours à proportion des miens. Je l’aime
Comme un exilé saisi par la douleur d’espérer
Les vœux qu’on remise à peine nés
Au fond d’un cœur taillé pour le bonheur.
Au sort, ma mère présentait des comptes
Sans envier personne ni même la lune
Ni même le soleil elle qui était
Courageuse sans être mère courage.
Je pleurais en la voyant si sereine
Moi que tourmentaient les pressentiments
En cette zone de l’être où naît un cœur de poète


édition
printemps des poetes
      2012
genre
      D'infinis paysages

   Documents à télécharger

 Poème au format PDF


    Logo Ministere Culture   Logo CNL   Logo Sofia   Logo IDF   Separateur Facebook Facebook Newsletter